
Nous sommes en 1866 et c’est la panique sur les océans; en effet un mystérieux monstre marin parcourt les eaux de plusieurs mers et taquine les navires de toutes nationalités. Une expédition s’organise alors - composée entre autres du naturaliste français Pierre Aronnax, de son domestique Conseil et de l’harponneur canadien Ned Land - dans le but de calmer le monstre en question. Seulement à ce jeu là, c’est le monstre qui gagne: le vaisseau est attaqué et coulé. Les personnages sus mentionnés se retrouvent précipités à la mer et parviennent à gagner un refuge, qui n’est autre que le dos du monstre. Ils s’aperçoivent bientôt qu’il s’agit d’un sous marin - le Nautilus contrôlé par le capitaine Nemo, qui les fait aussitôt prisonniers.
Ce qui fascine dans Vingt mille lieues sous les mers, c’est la possibilité d’une vie autre, dans un espace temps complètement coupé de celui des sociétés sur la terre ferme. On se croirait sur une autre planète, et pourtant nous ne sommes que sous les mers. Le capitaine Nemo ne demande rien au monde terrestre: toute sa nourriture, tous ses vêtements (je crains le pire), toute l’énergie qui fait avancer le sous-marin lui viennent de l’océan. Il est de plus impossible de rattacher le capitaine Nemo à une quelconque nationalité car non seulement il ne se revendique d’aucune, mais en plus il parle plusieurs langues.
Vingt mille lieues sous les mers est un roman très mystérieux: comme l’on voit tout à travers les yeux du narrateur, Pierre Aronnax, beaucoup de faits demeurent inexpliqués, par exemple les agissements de l’équipage. En effet, à part le Capitaine Nemo et son second, nos personnages ne rencontrent pratiquement personne et déduisent les activités à bord à partir de menus indices, comme les bruits (un hurlement de douleur constituant un indice plutôt terrifiant). Et beaucoup de choses se passent! Le Nautilus attaque, se fait attaquer, fuit, poursuit. Et de tout cela nos personnages - ainsi que le lecteur - ne savent que ce que le capitaine Nemo veut bien leur révéler.
Mais ce qui frappe le plus dans Vingt mille lieues sous les mers, c’est la beauté des fonds marins et des forêts aquatiques, la richesse de la vie animale. Les digressions scientifiques peuvent faire penser à du Moby Dick, donc si vous êtes hermétiques à ce style, passez votre chemin. Les descriptions (très très très longues, entraînez vous avec quelques passages de Balzac) sont autant de tableaux fabuleux et on comprend que malgré son état de prisonnier, Pierre Aronnax ne peut s’empêcher de se délecter de sa vie à bord du Nautilus. D'ailleurs, l'édition Hetzel (qui m'avait gracieusement été offerte par Elf en remerciement de la fidélité de mes parents)(vous me dites si mes confidences vous embarassent) comporte de magnifiques illustrations.
Vingt mille lieues à pied, ça use, ça use.. (pardon)
Ya la même chose à Disneyland!
Et enfin, un des plus beaux/sexy personnages de la littérature, le capitaine Nemo, qui est en réalité le véritable héros du roman, puisque tout se meut autour de lui, toutes les interrogations portent sur lui , tout dépend de lui - personnage hanté par son passé, en quête de justice et de vengeance dont il tait les motivations, homme de goût et de culture, savant fou, et surtout, véritable démiurge à l’origine d’un monde nouveau.
En un mot comme en cent, lancez vous chers amis! (et ensuite on passera à l’étape suivante: Moby Dick)(c'est du teasing ou je ne m'y connais pas!)















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