
Après m’être délectée des sept tomes d’Harry Potter cet été (de la renaissance), ainsi que des films, j’ai trouvé assez agréable d’étendre cet univers en lisant les petits livres annexes. Ces Contes de Beedle le Barde sont une toute petite chose, et je les ai lu très rapidement (le temps de descendre la ligne 12 du métro parisien) mais je n’ai pas boudé mon plaisir.
Le concept: il s’agit des cinq contes préférés des jeunes sorciers ; Beedle le Barde est le Charles Perrault, ou le frère Grimm local si vous voulez. Ces contes sont réunis et commentés par Albus Dumbledore, avant qu’il ne disparaisse. Ils sont traduits des runes originales par Hermione Granger.
On a donc:
«Le sorcier et la marmite sauteuse»: Un vieux sorcier améliore la vie quotidienne de ses voisins moldus (= nous autres, pauvres mortels) en leur préparant des potions. Un jour il meurt, et c’est son fils qui hérite de la marmite. Seulement, il n’a aucune intention d’aider ses voisins - la marmite va donc le rappeler à l’ordre.
«La fontaine de la bonne fortune»: Trois sorcières et un chevalier moldu s’unissent pour atteindre la fontaine de la bonne fortune. Seulement, un seul a le droit de la toucher. Nos quatre amis s’élimineront-ils? (ce n’est pas formulé comme ça)
«Le sorcier au coeur velu»: Aaah mais quelle horreur!!!! (le coeur velu, pas le conte)(quoique, on n’est pas chez Disney ici) Un jeune sorcier décide que l’amour, c’est pas pour lui. Il s’arrache donc le coeur et l’enferme à double tour. Le coeur se recouvre d’une fourrure. C’est mon conte préféré ici, car le plus noir et inventif.
«Babbitty lapina et la souche qui gloussait»: Un roi moldu veut apprendre à devenir sorcier et ce n’est pas gagné.
«Le conte des trois frères»: Le fameux! Celui qui structure le dernier tome d’Harry Potter. Ou comment trois frères cherchent à vaincre la mort.
(je donne l’illusion d’un vrai billet si je saute des lignes? Oui? Alors je continue.)
Ces petits contes sont bien agréables à lire - JKR a bien utilisé le vocabulaire simple des contes, le merveilleux qui fait irruption dans la vie quotidienne. On a bien des épreuves, des transgressions, des objets magiques, des quêtes, l’apprentissage de la vie, toussa. Une différence cependant par rapport aux contes moldus - ici la magie va de soi, puisque nos héros sont des sorciers. Et comme le dit JKR dans son introduction, ces sorciers n’en ont pas moins autant de problèmes que les moldus, car si la magie permet de résoudre des difficultés, elle en provoque également.
La bonne idée du livre, c’est les commentaires et les notes explicatives de Dumbledore (JKR aussi avait besoin de meubler - et j’admets qu’elle le fait mieux que moi.). Celui ci nous met au fait de l’histoire du monde de la sorcellerie, d’anecdotes de Poudlard ou de sa vie privée. J’ai aussi beaucoup aimé les liens que l’on peut établir directement avec Harry Potter. Par exemple, il est question de Lucius Malfoy dans une des notes - celui-ci veut faire censurer le conte «La Fontaine de la bonne fortune», ce que Dumbledore refuse: «Ma réponse a suscité plusieurs autres lettres de Mr Malofoy mais comme elles consistaient essentiellement en remarques désobligeantes sur ma santé mentale, mes origines familiales et mon hygiène, leur rapport avec ce commentaire n’est que très lointain.» Je ne sais pas qui est le plus sexy ici, Lucius ou Dumbledore.
En même temps, Dumbledore cite Alexander Pope. Albus 1 - Lucius 0.
Et finalement, un des vrais charmes de ce livre, ce sont les illustrations faites par JKR herself! La couverture est particulièrement belle, d’un jolie couleur bleu-gris, avec des arabesques en relief. Il y a même une jolie tête de mort. Le tracé est fin, délicat, onirique, un peu naïf, poétique - on dirait de petites enluminures (toutes proportions gardées).
Un livre qui n’est pas un indispensable donc, d’autant plus qu’il faut être familier des Harry Potter, mais si vous réussissez à le piquer à quelqu’un, ne vous privez pas!
















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